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Un peu de psychologie et de philosophie...

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Forever Vlad a écrit:
Je comprends ce que tu dis, même si je ne partage pas ce sentiment aujourd'hui. J'aimerais y errer pour me dessécher, me fondre dans les cendres, faire corps avec la pierre...
Je comprends également ton point de vue, et je pensais la même chose du cimetière en question à l'époque où je n'y avais été qu'une petite dizaines de fois, et où j'avais constamment un endroit précis, un coin particulier à découvrir, une curiosité cachée entre deux tombes, au détour d'un arbre. Le fait de sentir qu'un endroit recèle encore bien des secrets donne envie de s'y éterniser, et de ne plus faire que corps avec elle. C'est un sentiment nouveau, grisant et terriblement puissant qui me prenait à bras le corps pour m'entraîner à chaque fois dans la nécropole et en redécouvrir des aspects que je n'avais jamais, ne serait-ce que soupçonnés, lors de mes précédentes visites. Mais comme tu le sais, j'y suis retourné hier, sans mon habituelle carte qui me permet de m'y retrouver (elle était dans mes cartons ; la flemme de les rouvrir...), et quelle ne fût pas ma surprise de constater que bien que je n'y étais pas retourné depuis au moins trois ans, si ce n'est quatre, je savais encore me repérer (merci aussi à l'armée pour mes notions de topographie) et que je savais où aller pour trouver telle ou telle statue. Quand on en arrive à connaître les 44ha du Père Lachaise presque par cœur, je pense qu'on finit par perdre une grande partie de l'aspect découverte, même si il est certain qu'il y a toujours quelque chose à découvrir ou, sinon, à redécouvrir. N'ayant plus cette fraîcheur qui inonde mon regard quand je m'y promène, je reste sous le charme tout en étant assez objectif pour me dire qu'il y a aussi d'autres choses à entretenir, outre ma passion pour cette nécropole. Et puis j'aime la vie et la variété (pas en musique, j'avoue, même si je connais bien les chansons de Demis Roussos et Daniel Balavoine), et je suis un bon vivant. Bon vivant signifie d'une part se réjouir de tous les plaisirs simples de la vie, comme les femmes, la gastronomie, les Arts, le rapport avec la nature, etc, mais également ne pas rester extrême et trop calfeutré dans un seul créneau, quel qu'il soit, et plus encore savoir sortir de ce qui porte, malgré la beauté du lieu, une connotation trop négative. Je suis trop optimiste et avide d'ondes positives pour rester éternellement dans un cimetière qui, s'il est resplendissant de beauté, n'en est pas moins un lieu funèbre (entre autres).

Forever Vlad a écrit:
Je suis tout à fait d'accord avec ça. C'est d'ailleurs pour ça que je traine si souvent dans les cimetières et les églises. Et puis mon projet est de racheter une chapelle excommuniée et d'en faire mon lieu de vie.
Je n'irais peut-être pas jusque là, mais je cautionne tout-à-fait ta démarche. L'idée me semble bonne, et je pense que tu trouveras plus aisément une chapelle excommuniée qu'une femme pour aller au Père Lachaise, rapport à ce dont nous avions parlé il y a deux semaines de cela. D'ailleurs, sans vouloir m'immiscer dans ta vie privée, le top serait de trouver une femme telle que celle que tu t'impatientes de rencontrer, et de faire ta vie avec dans une chapelle. Le top du top ! Pour ma part, je cherche encore une damoiselle qui serait sensible à la beauté de l'ancien cimetière de l'est, pas nécessairement gothique, mais ouverte d'esprit et intéressée par la musique que nous aimons ; je n'ai aucun critère physique. Seul le langage du cœur a prise sur mes décisions... Ah, je ne te parlerai pas de mon souhait, il y a huit ans, de trouver, non pas une chapelle excommuniée, mais un chasseur de la Seconde Guerre Mondiale (une autre de mes passions !) à retaper. À défaut d'avoir le permis...

Forever Vlad a écrit:
Là-dessus nous avons des avis strictement opposés.
Ça m'avait manqué !

Forever Vlad a écrit:Au contraire, ce morceau m'évoque une très longue procession, où les gens se mettent à pleurer quand le solo de guitare se déploie (avec ce chant death qui vient tapisser le paysage sonore). Cette musique a une portée fœtale pour moi, et me donne envie de me replier.[/justify]
Waow, j'avoue que je ne comprends pas trop ce que tu veux dire. Lorsque tu écoutes cette musique, elle t'évoque une très longue procession, mais au niveau de ton ressenti physique, elle te touche, aussi ? Tout du moins, elle te donne envie de te replier sur toi-même ? Pour quelle raison ? T'isoler en tournant le dos au monde ? La position fœtale a de très nombreuses symboliques et, comme le serpent qui se mord la queue, elle accentue ce sentiment d'unité, de bien-être avec soi-même et de rejet du monde extérieur (par opposition au monde pré-natal, celui de l'embyon, du fœtus...). Il y a bien sûr l'humidité, la chaleur et le contact avec l'origine, sans oublier le rapport avec le passé. C'est intéressant ; il y a certainement beaucoup de matière à faire des introspections dans ta propre conscience, voire mémoire, pour comprendre quels en sont les tenants. Cette musique semble être, entre autres, un vecteur vers des choses plus profondes qui touchent ton toi profond et intérieur. Je suis intrigué, mais je ne te demande pas de réponse ; il y a sans doute des choses très personnelles aussi, et nous sommes sur un forum, et non en MP. Chaque chose en son temps...

Forever Vlad a écrit:
C'est un morceau très inspiré du My Dying Bride première époque (surtout au niveau des guitares), mais avec une rythmique qui s'est écroulé dans les limbes de la lenteur. Et oui, il est sacrément difficile de maintenir le rythme avec une musique aussi lente. Surtout qu'il y a trois guitares!
Tu vois, je pensais que tu aurais été plus touché par le premier que le second morceau. Toutefois, tu décris ce dernier en termes très objectifs, ce qui somme toute est plutôt logique. Car ce genre de musique demande énormément de temps à être appréhendé. Car quand on est pas habitué à une telle lenteur, c'est l'ennui qui nous guette (ce qui fut le cas lorsque pour la première fois je suis tombé sur ce type de groupes). Mais une fois investies, ces musiques permettent une véritable introspection, comme aucun autre genre d'ailleurs.
Le problème avec toute musique qui a besoin de temps pour être appréhendée, c'est qu'on peut finir par avoir le sentiment de l'apprécier simplement par bourrage de crâne, comme toutes ces chansons insipides que les ondes hertziennes servent aux oreilles de l'auditeur d'une radio inintéressante et peu variée ; auditeur qui n'est pas sensible à ces "tubes" et "singles" à la base, mais qui, par conditionnement, finira par penser les aimer. Je voulais nuire à l'assassymphonie, au requieeeeem... "Ah, la comédie musicale de Mozart ; c'est de la soupe !" Et puis à force de l'entendre, on se dit "Je vais me l'acheter sur le site de la Fnac !" Beuuurk ! Alors une question se pose : au bout de combien de temps doit-on laisser tomber l'espoir d'aimer une chanson ? Au bout de combien d'écoutes ? J'ai dû écouter As I die une trentaine de fois, et je ne l'aime toujours pas ! Et ce morceau de Mournful Congregation, combien de fois dois-je l'écouter pour tenter de l'aimer ? Et si je l'aime, l'aimé-je vraiment parce qu'il me plaît, ou parce que mes oreilles, et donc mon esprit, sont conditionnés ? Je ne pense honnêtement pas que j'insisterai avec ce groupe, en définitive...

Forever Vlad a écrit:
Pour en revenir aux classiques, voici le titre de My Dying Bride dont je te parlais (qui aura influencé des centaines de formations) :
C'est de prime abord beaucoup plus intéressant, mais je l'ai écoutée d'une oreille un peu distraite (en faisant la vaisselle). Je te dirai ce que j'en pense objectivement très bientôt ! Merci à toi !

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Kirhel a écrit:Je comprends également ton point de vue, et je pensais la même chose du cimetière en question à l'époque où je n'y avais été qu'une petite dizaines de fois, et où j'avais constamment un endroit précis, un coin particulier à découvrir, une curiosité cachée entre deux tombes, au détour d'un arbre. Le fait de sentir qu'un endroit recèle encore bien des secrets donne envie de s'y éterniser, et de ne plus faire que corps avec elle. C'est un sentiment nouveau, grisant et terriblement puissant qui me prenait à bras le corps pour m'entraîner à chaque fois dans la nécropole et en redécouvrir des aspects que je n'avais jamais, ne serait-ce que soupçonnés, lors de mes précédentes visites. Mais comme tu le sais, j'y suis retourné hier, sans mon habituelle carte qui me permet de m'y retrouver (elle était dans mes cartons ; la flemme de les rouvrir...), et quelle ne fût pas ma surprise de constater que bien que je n'y étais pas retourné depuis au moins trois ans, si ce n'est quatre, je savais encore me repérer (merci aussi à l'armée pour mes notions de topographie) et que je savais où aller pour trouver telle ou telle statue. Quand on en arrive à connaître les 44ha du Père Lachaise presque par cœur, je pense qu'on finit par perdre une grande partie de l'aspect découverte, même si il est certain qu'il y a toujours quelque chose à découvrir ou, sinon, à redécouvrir. N'ayant plus cette fraîcheur qui inonde mon regard quand je m'y promène, je reste sous le charme tout en étant assez objectif pour me dire qu'il y a aussi d'autres choses à entretenir, outre ma passion pour cette nécropole. Et puis j'aime la vie et la variété (pas en musique, j'avoue, même si je connais bien les chansons de Demis Roussos et Daniel Balavoine), et je suis un bon vivant. Bon vivant signifie d'une part se réjouir de tous les plaisirs simples de la vie, comme les femmes, la gastronomie, les Arts, le rapport avec la nature, etc, mais également ne pas rester extrême et trop calfeutré dans un seul créneau, quel qu'il soit, et plus encore savoir sortir de ce qui porte, malgré la beauté du lieu, une connotation trop négative. Je suis trop optimiste et avide d'ondes positives pour rester éternellement dans un cimetière qui, s'il est resplendissant de beauté, n'en est pas moins un lieu funèbre (entre autres).
Me concernant je suis l'apologie des extrêmes. A la fois je peux être excessivement optimiste, et prend plaisir à cultiver l'utopie contre vents et marrées. Mais je peux également verser dans l'excès inverse (ce qui est le cas en ce moment).
Le cimetière représente un peu tout ça, à la fois la mort, tout comme la vie de ceux qui viennent visiter les défunts.

Kirhel a écrit:Je n'irais peut-être pas jusque là, mais je cautionne tout-à-fait ta démarche. L'idée me semble bonne, et je pense que tu trouveras plus aisément une chapelle excommuniée qu'une femme pour aller au Père Lachaise, rapport à ce dont nous avions parlé il y a deux semaines de cela. D'ailleurs, sans vouloir m'immiscer dans ta vie privée, le top serait de trouver une femme telle que celle que tu t'impatientes de rencontrer, et de faire ta vie avec dans une chapelle. Le top du top ! Pour ma part, je cherche encore une damoiselle qui serait sensible à la beauté de l'ancien cimetière de l'est, pas nécessairement gothique, mais ouverte d'esprit et intéressée par la musique que nous aimons ; je n'ai aucun critère physique. Seul le langage du cœur a prise sur mes décisions... Ah, je ne te parlerai pas de mon souhait, il y a huit ans, de trouver, non pas une chapelle excommuniée, mais un chasseur de la Seconde Guerre Mondiale (une autre de mes passions !) à retaper. À défaut d'avoir le permis...
Ah mais c'est exactement cette option que je vise, et pas une autre même. Je fonctionne sur le mode du tout ou rien, donc s'il me manque un élément fondamental, je le refuserais avec la plus grande ferveur.
Ce n'est vraiment pas mon truc que de me trouver un petit pavillon en banlieue, avoir un toutou, et une femme qui fait plus office de colocatrice que d'épouse. Je laisse les normes à ceux que ça intéresse. Moi je préfère viser les étoiles et rester sur ma petite planète. Quit à me désintégrer d'avoir trop rêver. Tant pis.

Kirhel a écrit:Ça m'avait manqué !
Very Happy

Kirhel a écrit:Waow, j'avoue que je ne comprends pas trop ce que tu veux dire. Lorsque tu écoutes cette musique, elle t'évoque une très longue procession, mais au niveau de ton ressenti physique, elle te touche, aussi ? Tout du moins, elle te donne envie de te replier sur toi-même ? Pour quelle raison ? T'isoler en tournant le dos au monde ? La position fœtale a de très nombreuses symboliques et, comme le serpent qui se mord la queue, elle accentue ce sentiment d'unité, de bien-être avec soi-même et de rejet du monde extérieur (par opposition au monde pré-natal, celui de l'embyon, du fœtus...). Il y a bien sûr l'humidité, la chaleur et le contact avec l'origine, sans oublier le rapport avec le passé. C'est intéressant ; il y a certainement beaucoup de matière à faire des introspections dans ta propre conscience, voire mémoire, pour comprendre quels en sont les tenants. Cette musique semble être, entre autres, un vecteur vers des choses plus profondes qui touchent ton toi profond et intérieur. Je suis intrigué, mais je ne te demande pas de réponse ; il y a sans doute des choses très personnelles aussi, et nous sommes sur un forum, et non en MP. Chaque chose en son temps...
Disons qu'il y a plusieurs niveaux à prendre en compte : d'une part les images qui sont mobilisées par cette musique, et d'autre part la réaction physique que cela entraine chez moi. Oui moi je vois une lente procession avec ce morceau, notamment de par la lenteur. Et quand j'écoute du doom extrême (ou Forever failure), c'est une envie de repli qui s'empare de moi. Car le doom est une musique très intime, très profonde. C'est une véritable plongée en soi-même, à la recherche de chaque parcelle enfouie. Ce n'est pas sans risque...

Kirhel a écrit:Le problème avec toute musique qui a besoin de temps pour être appréhendée, c'est qu'on peut finir par avoir le sentiment de l'apprécier simplement par bourrage de crâne, comme toutes ces chansons insipides que les ondes hertziennes servent aux oreilles de l'auditeur d'une radio inintéressante et peu variée ; auditeur qui n'est pas sensible à ces "tubes" et "singles" à la base, mais qui, par conditionnement, finira par penser les aimer. Je voulais nuire à l'assassymphonie, au requieeeeem... "Ah, la comédie musicale de Mozart ; c'est de la soupe !" Et puis à force de l'entendre, on se dit "Je vais me l'acheter sur le site de la Fnac !" Beuuurk ! Alors une question se pose : au bout de combien de temps doit-on laisser tomber l'espoir d'aimer une chanson ? Au bout de combien d'écoutes ? J'ai dû écouter As I die une trentaine de fois, et je ne l'aime toujours pas ! Et ce morceau de Mournful Congregation, combien de fois dois-je l'écouter pour tenter de l'aimer ? Et si je l'aime, l'aimé-je vraiment parce qu'il me plaît, ou parce que mes oreilles, et donc mon esprit, sont conditionnés ? Je ne pense honnêtement pas que j'insisterai avec ce groupe, en définitive...
Il y a une grosse différence par contre entre les musiques difficiles d'accès et les bouses que l'on entend à la radio! Car quand tu es conditionné par ces dernières, tu n'aimes pas ce que tu as en tête, mais tu ne peux juste pas t'en défaire. Alors que les musiques difficiles d'accès s'immiscent en toi pour ensuite faire corps avec ton âme. Ce n'est pas du tout le même processus.
Après, il n'y a aucune durée standard! Par exemple il m'aura fallu plus de trois ans avant d'aimer les oeuvres d'Eros Necropsique ou le De mysteriis Dom Sathanas de Mayhem. J'ai persisté car dès les premières écoutes j'ai eu un pré-sentiment (au sens premier du terme). S'il ne se s'était rien passé, ces opus seraient tombés aux oubliettes me concernant. Je ne marche qu'à l'affect, mais ça tu l'avais déjà bien compris!


Kirhel a écrit:C'est de prime abord beaucoup plus intéressant, mais je l'ai écoutée d'une oreille un peu distraite (en faisant la vaisselle). Je te dirai ce que j'en pense objectivement très bientôt ! Merci à toi !

Il faut que tu écoutes ce morceau au calme, en ne faisant rien d'autre. Sinon, tu ne rentreras pas dedans!

Voir le profil de l'utilisateur http://www.psychopathia-melomania.com/

3 Un peu de psychologie et de philosophie... le Jeu 07 Avr 2011, 8:54 pm

Forever Vlad a écrit:
Me concernant je suis l'apologie des extrêmes. A la fois je peux être excessivement optimiste, et prend plaisir à cultiver l'utopie contre vents et marrées. Mais je peux également verser dans l'excès inverse (ce qui est le cas en ce moment).
Le cimetière représente un peu tout ça, à la fois la mort, tout comme la vie de ceux qui viennent visiter les défunts.
Hon-hon, c'est un point sur lequel nous sommes profondément différents (tout en étant profondément proches sur d'autres), toi et moi. Je ne sais pas si je peux mettre ma philosophie d'incorrigible optimiste au crédit de ça, mais j'ai eu "la chance" d'avoir eu de gros problèmes pendant mon enfance et mon adolescence, et qui m'ont appris, par instinct de survie -toujours- à positiver, car je ne serais indubitablement pas là aujourd'hui si ça n'avait pas été le cas. Ceci explique sans doute, en mon for intérieur, les raisons qui justifient que je peux me plonger dans les choses négatives, sans crainte d'en être touché en plein cœur, en étant certain de ne pas être déprimé par des pensées néfastes. Je me sens, peut-être à tort, immunisé contre la dépression, le cafard, le blues, sans aucun doute parce que j'ai l'impression d'avoir été immunisé par mon passé difficile. Là encore, je reste objectif et ne perds pas de vue l'idée que je peux avoir tort, mais jusqu'à présent, avec ma philosophie positive, j'ai toujours réussi à tirer mon épingle du jeu et à tirer des leçons des tuiles qui m'arrivaient, si bien que je ne voyais plus que le fait que ce sont des maux qui sont formateurs. Il n'en a bien sûr pas toujours été ainsi, et j'ai connu de sombres périodes. Mais j'ai désormais atteint un équilibre qui fait que je ne peux me laisser aller à de noires pensées, à des tourments psychologiques, vu que j'ai les armes pour les combattre. Utopiste aussi comme toi, je n'ai pas peur de la déconfiture face à mes rêves irréalisés, mes espoirs déçus, et je sais que j'espère parfois des choses qui ne se réaliseront jamais. Mais le rêve entretient l'espoir, et l'espoir, c'est une porte de sortie vers des pensées positives, puisque l'espoir est une force qui, je pense, peut se développer à l'infini. Je flirte donc assidûment avec la mort et les pensées négatives en ayant ce recul qui fait qu'elles ne m'atteignent plus, comme de regarder un film d'horreur en restant conscient que tout n'est que fiction, et du coup, se gâcher certes un peu le plaisir. Cela eût pu me rendre dangereusement insensible (The Painless !!!), mais il n'en est rien : je reste toujours touché lorsque je vois sur des stèles la preuve de vies brisées à quatre ans. Finalement, c'est comme si des larmes coulaient dans mes veines : j'ai accepté, à un problème près, tout ce que mon passé m'a balancé en travers de la gueule, et la tristesse fait partie intégrante de moi. Ayant accepté le mal, je ne puis que bénéficier du bien, et ne faire qu'avec lui. Ce n'est pas encore parfait, j'ai un petit travail à faire encore, mais je suis sur la bonne voie. Je ne pourrais pas gérer d'être manichéen comme toi, extrême dans les deux opposés ; je ne le supporterais pas !

Forever Vlad a écrit:
Ah mais c'est exactement cette option que je vise, et pas une autre même. Je fonctionne sur le mode du tout ou rien, donc s'il me manque un élément fondamental, je le refuserais avec la plus grande ferveur.
Une autre différence essentielle : j'accepte les demi-mesures, les nuances, les incomplétudes. Je me contente déjà de ce que je peux avoir, mais là encore, c'est un très long discours que je ne dépeindrai pas ici. On s'éloigne de plus en plus du sujet initial, et il est plus simple d'en parler de visu.

Attends...

Voilà, je viens de créer ce sujet et y ai inséré nos deux derniers messages (celui-ci y compris).

Donc...

Forever Vlad a écrit:
Disons qu'il y a plusieurs niveaux à prendre en compte : d'une part les images qui sont mobilisées par cette musique, et d'autre part la réaction physique que cela entraine chez moi. Oui moi je vois une lente procession avec ce morceau, notamment de par la lenteur. Et quand j'écoute du doom extrême (ou Forever failure), c'est une envie de repli qui s'empare de moi. Car le doom est une musique très intime, très profonde. C'est une véritable plongée en soi-même, à la recherche de chaque parcelle enfouie. Ce n'est pas sans risque...
Il est clair que ce n'est pas sans risque, surtout si l'on tient compte du fait que c'est une musique qui peut générer de réminiscences tout-à-fait aléatoires, donc du bon comme du mauvais. C'est un peu comme d'aller à la pêche sans savoir ce qu'il y a comme poiscaille sous la barque ; on ne sait pas avec quoi on va rentrer chez soi... J'ai eu le déplaisir (mais je l'ai voulu) d'aller chercher très très loin, très profondément en moi, et je n'en suis pas revenu indemne, ni avec de jolies pensées dans le genre "Haribo, la vie est bô !". Maintenant, pour revenir à cette musique, je ne sais pas... Honnêtement, je me sens vraiment comme une coquille d'huître, hermétiquement fermée, et qui ne veut pas s'ouvrir parce que ce qu'elle a à proximité ne lui plaît pas. Alors je vais voir... J'aurai davantage la tête reposée la semaine prochaine, alors je pense qu'en étant dans de meilleures dispositions, je pourrais réviser mon jugement.

Forever Vlad a écrit:Il y a une grosse différence par contre entre les musiques difficiles d'accès et les bouses que l'on entend à la radio!
Forever Vlad a écrit:Après, il n'y a aucune durée standard! Par exemple il m'aura fallu plus de trois ans avant d'aimer les oeuvres d'Eros Necropsique ou le De mysteriis Dom Sathanas de Mayhem. J'ai persisté car dès les premières écoutes j'ai eu un pré-sentiment (au sens premier du terme). S'il ne se s'était rien passé, ces opus seraient tombés aux oubliettes me concernant.
Mmmmh, je suis sans doute un peu obtu et con, mais je ne suis fermement pas d'accord. La musique est une question de feeling, mais s'il n'y a pas d'accroche au bout de cinquante écoutes, il n'y en aura à mon sens jamais. Pour parler de choses concrètes, comme tu le sais, je suis du genre à écouter Paradise Lost tous les jours, et souvent en boucle (s'entend, après les deux string-versions du dernier album, je reviens sur Intro et recommence). À ce rythme-là, en prenant un exemple comme As I die, je suis à peu près convaincu que je n'aimerai jamais ce morceau, car je ne l'ai jamais senti. Pour les albums intermédiaires entre One Second et Believe in Nothing que j'avais écoutés d'une oreille distraite et peu ouverte, je ne les avais pas aimés au bout de deux ou trois écoutes et les avais littéralement condamnés. L'automne dernier, lorsque je me les suis acheté, j'ai au fur et à mesure des journées à m'en imprégner, fini par apprivoiser de plus en plus de morceaux, même si Believe in Nothing est un dur à cuire. Au final, il ne m'aura pas fallu moins de dix écoutes totales de chacun de ces trois albums pour les aimer. Gothic, Icon et Draconian Times une seule, Lost Paradise trois ou quatre, Paradise Lost et In Requiem deux, Faith divides us - Death unites us trois, etc... Mais même si tu ne les as pas écoutées tous les jours, trois ans pour adhérer à Eros Nécropsique, c'est un truc de fou pour moi !! Simplement inimaginable ; j'aurais déjà revendu les albums depuis six mois...

Forever Vlad a écrit:Car quand tu es conditionné par ces dernières, tu n'aimes pas ce que tu as en tête, mais tu ne peux juste pas t'en défaire. Alors que les musiques difficiles d'accès s'immiscent en toi pour ensuite faire corps avec ton âme. Ce n'est pas du tout le même processus.
C'est clair que dans ce cas-là, tu es conditionné, mais je n'arrive toujours pas à adhérer à ton point de vue. Pour moi, je mets tout le monde dans le même sac : pas d'accroche au bout de vingt fois ? Poubelle !!!

Forever Vlad a écrit:Je ne marche qu'à l'affect, mais ça tu l'avais déjà bien compris!
Bien sûr ; qui se ressemble s'assemble, comme on dit chez nous ! Smile Smile

Forever Vlad a écrit:Il faut que tu écoutes ce morceau au calme, en ne faisant rien d'autre. Sinon, tu ne rentreras pas dedans!
La semaine prochaine, au calme, dans un cimetière à Bordeaux... Wink

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4 Re: Un peu de psychologie et de philosophie... le Sam 28 Mai 2011, 11:27 pm

Kirhel a écrit:Hon-hon, c'est un point sur lequel nous sommes profondément différents (tout en étant profondément proches sur d'autres), toi et moi. Je ne sais pas si je peux mettre ma philosophie d'incorrigible optimiste au crédit de ça, mais j'ai eu "la chance" d'avoir eu de gros problèmes pendant mon enfance et mon adolescence, et qui m'ont appris, par instinct de survie -toujours- à positiver, car je ne serais indubitablement pas là aujourd'hui si ça n'avait pas été le cas. Ceci explique sans doute, en mon for intérieur, les raisons qui justifient que je peux me plonger dans les choses négatives, sans crainte d'en être touché en plein cœur, en étant certain de ne pas être déprimé par des pensées néfastes. Je me sens, peut-être à tort, immunisé contre la dépression, le cafard, le blues, sans aucun doute parce que j'ai l'impression d'avoir été immunisé par mon passé difficile. Là encore, je reste objectif et ne perds pas de vue l'idée que je peux avoir tort, mais jusqu'à présent, avec ma philosophie positive, j'ai toujours réussi à tirer mon épingle du jeu et à tirer des leçons des tuiles qui m'arrivaient, si bien que je ne voyais plus que le fait que ce sont des maux qui sont formateurs. Il n'en a bien sûr pas toujours été ainsi, et j'ai connu de sombres périodes. Mais j'ai désormais atteint un équilibre qui fait que je ne peux me laisser aller à de noires pensées, à des tourments psychologiques, vu que j'ai les armes pour les combattre. Utopiste aussi comme toi, je n'ai pas peur de la déconfiture face à mes rêves irréalisés, mes espoirs déçus, et je sais que j'espère parfois des choses qui ne se réaliseront jamais. Mais le rêve entretient l'espoir, et l'espoir, c'est une porte de sortie vers des pensées positives, puisque l'espoir est une force qui, je pense, peut se développer à l'infini. Je flirte donc assidûment avec la mort et les pensées négatives en ayant ce recul qui fait qu'elles ne m'atteignent plus, comme de regarder un film d'horreur en restant conscient que tout n'est que fiction, et du coup, se gâcher certes un peu le plaisir. Cela eût pu me rendre dangereusement insensible (The Painless !!!), mais il n'en est rien : je reste toujours touché lorsque je vois sur des stèles la preuve de vies brisées à quatre ans. Finalement, c'est comme si des larmes coulaient dans mes veines : j'ai accepté, à un problème près, tout ce que mon passé m'a balancé en travers de la gueule, et la tristesse fait partie intégrante de moi. Ayant accepté le mal, je ne puis que bénéficier du bien, et ne faire qu'avec lui. Ce n'est pas encore parfait, j'ai un petit travail à faire encore, mais je suis sur la bonne voie.
Tu vas peut-être me penser pessimiste mais je pense qu'aucun être humain ne peut être immunisé contre un regain de mal-être. On peut effectivement avoir acquis à travers ses expériences suffisamment de blindage, qui permettent d'être relativement serein face à des événements plus ou moins familier ou connus. Mais l'imprévu avec un grand I ne fait pas de cadeau, et la chute subjective ne peut jamais être écartée.
Après je ne te souhaite pas cela bien entendu! Mais je reste plus nuancé et sceptique que toi là-dessus.

Kirhel a écrit:Je ne pourrais pas gérer d'être manichéen comme toi, extrême dans les deux opposés ; je ne le supporterais pas !
Je ne suis pas manichéen, car ce n'est pas la même chose que de fonctionner sur le mode du tout ou rien que d'être exclusivement dans le noir et le blanc. Je m'explique.
Je peux être très impulsif mais la grande majorité du temps je suis dans le doute. Donc je soupèse énormément les choses, ce qui me permet d'avoir un niveau d'exigence parfois beaucoup trop élevé voir totalitaire. Donc au final je ne transige pas sur certains points.
Mais je ne peux pas être qualifié de manichéen car je suis en permanence dans le gris symboliquement, soit que je considère le contraste qu'est la vie. Et quand je me plonge dans le noir, je suis finalement dans le jeu, car rationnellement j'ai toujours bien conscience que l'autre extrême existe même si je choisis de l'écarter temporairement.

Kirhel a écrit:Une autre différence essentielle : j'accepte les demi-mesures, les nuances, les incomplétudes. Je me contente déjà de ce que je peux avoir, mais là encore, c'est un très long discours que je ne dépeindrai pas ici. On s'éloigne de plus en plus du sujet initial, et il est plus simple d'en parler de visu.
Mais moi aussi, et mon intransigeance ne demeure pas la négation des nuances. Sinon je n'écouterais pas la musique que j'écoute, et encore moins Paradise Lost!


Kirhel a écrit:Il est clair que ce n'est pas sans risque, surtout si l'on tient compte du fait que c'est une musique qui peut générer de réminiscences tout-à-fait aléatoires, donc du bon comme du mauvais. C'est un peu comme d'aller à la pêche sans savoir ce qu'il y a comme poiscaille sous la barque ; on ne sait pas avec quoi on va rentrer chez soi... J'ai eu le déplaisir (mais je l'ai voulu) d'aller chercher très très loin, très profondément en moi, et je n'en suis pas revenu indemne, ni avec de jolies pensées dans le genre "Haribo, la vie est bô !". Maintenant, pour revenir à cette musique, je ne sais pas... Honnêtement, je me sens vraiment comme une coquille d'huître, hermétiquement fermée, et qui ne veut pas s'ouvrir parce que ce qu'elle a à proximité ne lui plaît pas. Alors je vais voir... J'aurai davantage la tête reposée la semaine prochaine, alors je pense qu'en étant dans de meilleures dispositions, je pourrais réviser mon jugement.
Peut-être ce musique est-elle trop triste pour que tu la laisses s'immiscer en toi?

Kirhel a écrit:Mmmmh, je suis sans doute un peu obtu et con, mais je ne suis fermement pas d'accord. La musique est une question de feeling, mais s'il n'y a pas d'accroche au bout de cinquante écoutes, il n'y en aura à mon sens jamais. Pour parler de choses concrètes, comme tu le sais, je suis du genre à écouter Paradise Lost tous les jours, et souvent en boucle (s'entend, après les deux string-versions du dernier album, je reviens sur Intro et recommence). À ce rythme-là, en prenant un exemple comme As I die, je suis à peu près convaincu que je n'aimerai jamais ce morceau, car je ne l'ai jamais senti. Pour les albums intermédiaires entre One Second et Believe in Nothing que j'avais écoutés d'une oreille distraite et peu ouverte, je ne les avais pas aimés au bout de deux ou trois écoutes et les avais littéralement condamnés. L'automne dernier, lorsque je me les suis acheté, j'ai au fur et à mesure des journées à m'en imprégner, fini par apprivoiser de plus en plus de morceaux, même si Believe in Nothing est un dur à cuire. Au final, il ne m'aura pas fallu moins de dix écoutes totales de chacun de ces trois albums pour les aimer. Gothic, Icon et Draconian Times une seule, Lost Paradise trois ou quatre, Paradise Lost et In Requiem deux, Faith divides us - Death unites us trois, etc... Mais même si tu ne les as pas écoutées tous les jours, trois ans pour adhérer à Eros Nécropsique, c'est un truc de fou pour moi !! Simplement inimaginable ; j'aurais déjà revendu les albums depuis six mois...
On s'est mal compris je crois. Si je persiste avec certains albums, c'est qu'il s'est déjà produit quelque chose, qu'il y a déjà eu une accroche. C'est un peu comme quand tu vas voir un film qui te révulse : même si tu n'aimes pas, il s'est bel et bien passé quelque chose, que tu le veuilles ou non. Et bien c'est la même chose qui se produit pour moi avec certaines œuvres : quelque chose m'y touche, mais je ne suis pas prêt à les appréhender dans leur globalité, car trop violente, trop atypique.
C'est exactement comme certains vins : tu peux les trouver peu savoureux à un moment donné, et exquis bien plus tard. Very Happy

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Forever Vlad a écrit:
Kirhel a écrit:Je me sens, peut-être à tort, immunisé contre la dépression, le cafard, le blues, sans aucun doute parce que j'ai l'impression d'avoir été immunisé par mon passé difficile. Là encore, je reste objectif et ne perds pas de vue l'idée que je peux avoir tort, mais jusqu'à présent, avec ma philosophie positive, j'ai toujours réussi à tirer mon épingle du jeu et à tirer des leçons des tuiles qui m'arrivaient, si bien que je ne voyais plus que le fait que ce sont des maux qui sont formateurs.
Tu vas peut-être me penser pessimiste mais je pense qu'aucun être humain ne peut être immunisé contre un regain de mal-être.
Je ne pense pas non plus, mais comme je le disais, c'est une impression, et bien qu'elle soit réelle, ce qui en est la vecteur, lui, n'est peut-être pas justifié.

Forever Vlad a écrit:On peut effectivement avoir acquis à travers ses expériences suffisamment de blindage, qui permettent d'être relativement serein face à des événements plus ou moins familier ou connus. Mais l'imprévu avec un grand I ne fait pas de cadeau, et la chute subjective ne peut jamais être écartée.
Elle ne peut certes jamais être écartée, mais crois-moi : même l'imprévu ne me semble (encore une marque d'impression, de sentiment) pas être insurmontable et empreint à me faire sombrer dans les eaux noirâtres de la dépression. Le blindage dont tu parles ne paraît pas pouvoir céder face à des épreuves qui ne sont ni familiers, ni connus de quelque sorte que ce soit. Seule ma propre mort elle-même, et surtout la façon par laquelle je passerai de vie à trépas, pourraient irrémédiablement percer ce blindage et le faire voler en éclats. Et encore... Ce qui est certain, c'est que, à raison ou à tort, cette sensation d'immunité est une force qui me permet de repousser les limites de ce que je suis capable de surmonter, et me donne également assez d'énergie pour me permettre de me lancer dans des grands projets, dans des choses audacieuses dont on dit souvent que ça passe ou ça casse. Je n'ai pas peur de l'échec, car s'engager, c'est choisir et c'est essayer. Et ne dit-on pas qu'essayer, ça a du mérite ?? Si j'assume le poids de mes déceptions et de mes erreurs, cela ne peut que renforcer le cuir de ma peau. Cette épaisseur me semble désormais être arrivée à maturité. Mais je le répète : peut-être ai-je tort, mais pour l'instant, c'est une arme dont je me sers et qui m'endurcit. Un peu comme la religion qui rassure les pauvres âmes qui n'ont rien d'autre que leurs convictions religieuses pour les rassurer dans la vie et leur donner de la force, je trouve la mienne dans cette sensation d'immunité. C'est une manière comme une autre d'affronter l'existence avec un regard positif.

Forever Vlad a écrit:Après je ne te souhaite pas cela bien entendu! Mais je reste plus nuancé et sceptique que toi là-dessus.
Hon-hon (scepticisme)...

Forever Vlad a écrit:Je ne suis pas manichéen, car ce n'est pas la même chose que de fonctionner sur le mode du tout ou rien que d'être exclusivement dans le noir et le blanc. Je m'explique. Je peux être très impulsif mais la grande majorité du temps je suis dans le doute. Donc je soupèse énormément les choses, ce qui me permet d'avoir un niveau d'exigence parfois beaucoup trop élevé voir totalitaire. Donc au final je ne transige pas sur certains points.
Mais je ne peux pas être qualifié de manichéen car je suis en permanence dans le gris symboliquement, soit que je considère le contraste qu'est la vie. Et quand je me plonge dans le noir, je suis finalement dans le jeu, car rationnellement j'ai toujours bien conscience que l'autre extrême existe même si je choisis de l'écarter temporairement.
En définitive, tu me sembles plus être à la fois l'un et l'autre, et à t'adapter au cas par cas, non ?

Forever Vlad a écrit:Mais moi aussi, et mon intransigeance ne demeure pas la négation des nuances. Sinon je n'écouterais pas la musique que j'écoute, et encore moins Paradise Lost!
Heu... Là, je ne comprends pas ce que tu veux dire...

Forever Vlad a écrit:Peut-être ce musique est-elle trop triste pour que tu la laisses s'immiscer en toi?
Non, je ne pense pas qu'il s'agisse de cela. En termes de musique, j'ai toujours été très éclectique sans forcément avoir toujours été ouvert d'esprit. Je m'explique : je parle d'éclectisme dans les styles musicaux. Si le metal et tout ce qui s'en approche ont ma préférence, il n'en est pas moins que d'autres courants m'interpellent aussi, et que j'y réponds, mais cela marche à la chanson "à l'unité", et quelques rares fois à ce que fait un artiste en général. Il m'arrive d'écouter des bandes-originales de films, des vieux jingles de chaîne télé, des musiques de pub, des sons instrumentaux, des génériques d'émissions télévisuelles et de feuilletons, du classique, du pop-rock, de la techno et consorts (trans, etc), un peu de modern-jazz, de la FM, de la new-wave, de la cold-wave, de l'italo-disco, de la variété française et étrangère (Allemagne, Angleterre, Scandinavie, Italie, États-Unis, Japon, etc)... Fort de cette ouverture musicale (qui trouve ses limites lorsqu'un artiste que j'aime change de son ; exemple avec Paradise Lost en 1997), et conformément à mes goûts pour les mélodies, j'ai pu, avec de nombreux titres issus de tous ces horizons divers et variés, établir la conclusion suivante : les chansons les plus belles sont les plus tristes, que ce soit par les paroles ou par la mélodie. Et j'aime ces chansons tristes. Mais ensuite, il y a différents niveaux de tristesse véhiculés par ces morceaux au moins mélancoliques, au pire tragiques. Sur une échelle de 10, avec 0 pour "pas touché par la tristesse" et 10 pour "touché au plus profond de mon cœur et de mon âme", j'accorderais à ce morceau un niveau de 2. Forever Failure arriverait à 4. Mais je ne puis être touché qu'à partir de 5 ou 6, comme Over the Madness et Your own Reality (9), Missing (10) et Unreachable et Enchantment qui se tapent un 8, qui font partie des morceaux les plus beaux. Une chanson comme Free Bird de Lynyrd Skynyrd monterait à 6, Hotel California d'Eagles à 8, Stand by Me de Ben E. King à 6, Song for Guy d'Elton John à 7, Woman de John Lennon à 8, le Concerto pour une Voix de Saint-Preux à 9, Last Christmas de Wham à 8, Tous les cris les S.O.S. de Daniel Balavoine à 9, etc... J'aime les chansons tristes, quel que soit leur style. Mais je ne puis être touché de la même façon et aussi intensément entre toutes. Mais pour être touché, il faut laisser cette mélancolie ou cette tristesse me pénétrer. Et elle me pénètre plus ou moins profondément...

Forever Vlad a écrit:On s'est mal compris je crois. Si je persiste avec certains albums, c'est qu'il s'est déjà produit quelque chose, qu'il y a déjà eu une accroche. C'est un peu comme quand tu vas voir un film qui te révulse : même si tu n'aimes pas, il s'est bel et bien passé quelque chose, que tu le veuilles ou non. Et bien c'est la même chose qui se produit pour moi avec certaines œuvres : quelque chose m'y touche, mais je ne suis pas prêt à les appréhender dans leur globalité, car trop violente, trop atypique.
C'est exactement comme certains vins : tu peux les trouver peu savoureux à un moment donné, et exquis bien plus tard. Very Happy
Je comprends mieux... Smile

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6 Re: Un peu de psychologie et de philosophie... le Sam 04 Juin 2011, 6:39 pm

Kirhel a écrit:Elle ne peut certes jamais être écartée, mais crois-moi : même l'imprévu ne me semble (encore une marque d'impression, de sentiment) pas être insurmontable et empreint à me faire sombrer dans les eaux noirâtres de la dépression. Le blindage dont tu parles ne paraît pas pouvoir céder face à des épreuves qui ne sont ni familiers, ni connus de quelque sorte que ce soit. Seule ma propre mort elle-même, et surtout la façon par laquelle je passerai de vie à trépas, pourraient irrémédiablement percer ce blindage et le faire voler en éclats. Et encore... Ce qui est certain, c'est que, à raison ou à tort, cette sensation d'immunité est une force qui me permet de repousser les limites de ce que je suis capable de surmonter, et me donne également assez d'énergie pour me permettre de me lancer dans des grands projets, dans des choses audacieuses dont on dit souvent que ça passe ou ça casse. Je n'ai pas peur de l'échec, car s'engager, c'est choisir et c'est essayer. Et ne dit-on pas qu'essayer, ça a du mérite ?? Si j'assume le poids de mes déceptions et de mes erreurs, cela ne peut que renforcer le cuir de ma peau. Cette épaisseur me semble désormais être arrivée à maturité. Mais je le répète : peut-être ai-je tort, mais pour l'instant, c'est une arme dont je me sers et qui m'endurcit. Un peu comme la religion qui rassure les pauvres âmes qui n'ont rien d'autre que leurs convictions religieuses pour les rassurer dans la vie et leur donner de la force, je trouve la mienne dans cette sensation d'immunité. C'est une manière comme une autre d'affronter l'existence avec un regard positif.

Oui je comprends ce sentiment, dont je dirais nous avons besoin pour traverser certaines périodes de notre vie. Sans cette forme de naïveté, il est bien difficile d'avancer parfois. Car rattrapé par trop de "réalité", on peut se sentir allègrement paralysé.
J'espère que ce sentiment d'immunité sera le plus long possible pour toi!

Kirhel a écrit:En définitive, tu me sembles plus être à la fois l'un et l'autre, et à t'adapter au cas par cas, non ?
Oui, tout à fait. Je ne vois pas pourquoi il faudrait choisir entre l'obscurité et l'ombre après tout. Car on y trouve des joyaux très différents mais beaux.

Kirhel a écrit:Heu... Là, je ne comprends pas ce que tu veux dire...
Je veux dire que la musique de Paradise Lost est pleine de nuances, et donc qu'elle ne peut s'apprécier qu'en étant soi-même à la base quelqu'un de sensible aux nuances. Et notamment cette fine tristesse qui parcoure chacun de leurs opus.

Kirhel a écrit:Non, je ne pense pas qu'il s'agisse de cela. En termes de musique, j'ai toujours été très éclectique sans forcément avoir toujours été ouvert d'esprit. Je m'explique : je parle d'éclectisme dans les styles musicaux. Si le metal et tout ce qui s'en approche ont ma préférence, il n'en est pas moins que d'autres courants m'interpellent aussi, et que j'y réponds, mais cela marche à la chanson "à l'unité", et quelques rares fois à ce que fait un artiste en général. Il m'arrive d'écouter des bandes-originales de films, des vieux jingles de chaîne télé, des musiques de pub, des sons instrumentaux, des génériques d'émissions télévisuelles et de feuilletons, du classique, du pop-rock, de la techno et consorts (trans, etc), un peu de modern-jazz, de la FM, de la new-wave, de la cold-wave, de l'italo-disco, de la variété française et étrangère (Allemagne, Angleterre, Scandinavie, Italie, États-Unis, Japon, etc)... Fort de cette ouverture musicale (qui trouve ses limites lorsqu'un artiste que j'aime change de son ; exemple avec Paradise Lost en 1997), et conformément à mes goûts pour les mélodies, j'ai pu, avec de nombreux titres issus de tous ces horizons divers et variés, établir la conclusion suivante : les chansons les plus belles sont les plus tristes, que ce soit par les paroles ou par la mélodie. Et j'aime ces chansons tristes. Mais ensuite, il y a différents niveaux de tristesse véhiculés par ces morceaux au moins mélancoliques, au pire tragiques. Sur une échelle de 10, avec 0 pour "pas touché par la tristesse" et 10 pour "touché au plus profond de mon cœur et de mon âme", j'accorderais à ce morceau un niveau de 2. Forever Failure arriverait à 4. Mais je ne puis être touché qu'à partir de 5 ou 6, comme Over the Madness et Your own Reality (9), Missing (10) et Unreachable et Enchantment qui se tapent un 8, qui font partie des morceaux les plus beaux. Une chanson comme Free Bird de Lynyrd Skynyrd monterait à 6, Hotel California d'Eagles à 8, Stand by Me de Ben E. King à 6, Song for Guy d'Elton John à 7, Woman de John Lennon à 8, le Concerto pour une Voix de Saint-Preux à 9, Last Christmas de Wham à 8, Tous les cris les S.O.S. de Daniel Balavoine à 9, etc... J'aime les chansons tristes, quel que soit leur style. Mais je ne puis être touché de la même façon et aussi intensément entre toutes. Mais pour être touché, il faut laisser cette mélancolie ou cette tristesse me pénétrer. Et elle me pénètre plus ou moins profondément...
Nous avons effectivement des goûts musicaux très distincts (je parle notamment pour Balavoine et Wham que je ne supporte pas). Moi aussi je suis éclectique, mais pas dans les mêmes champs en fait. Car comme alternative au métal, je citerais le néo-classique (Elend!), le rock indépendant (Soundgarden, Alice in Chains...), le fado (ma très chère Amalia Rodrigues), les heavenly voices ou apparentés (Daemonia Nymphe, Louisa John-Krol, Ataraxia...), les ovnis musicaux (Eros Necropsique!) ou la pop/folk (Jewel Kilcher, Heather Nova, Anna Ternheim)...
Oui, ce sont les musiques tristes qui sont les plus touchantes, car elles répondent d'une urgence chez le compositeur. L'art sombre et triste est une nécessité!

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7 Re: Un peu de psychologie et de philosophie... le Mar 07 Juin 2011, 11:34 am

Forever Vlad a écrit:Oui je comprends ce sentiment, dont je dirais nous avons besoin pour traverser certaines périodes de notre vie. Sans cette forme de naïveté, il est bien difficile d'avancer parfois. Car rattrapé par trop de "réalité", on peut se sentir allègrement paralysé.
Tout-à-fait juste ! De même que sur le même principe, un corps humain qui n'a jamais subi d'agressions virales pendant dix ou vingt ans encaissera très mal sa première grippe. Et une armée qui n'a jamais connu la défaite ne se remettra pas de son échec cuisant lors d'une bataille perdue à plate couture. Tout ceci pour dire que les périodes difficiles nous fortifient, nous immunisent toujours un peu plus, à condition d'en tirer les leçons qui s'imposent, bien évidemment. Cela évite de ressentir les effets néfastes de la paralysie dont tu parles. La déconfiture est plus amère lorsque l'on a jamais eu l'occasion d'apprendre à vivre avec...

Forever Vlad a écrit:J'espère que ce sentiment d'immunité sera le plus long possible pour toi!
Je le souhaite aussi. Mais même si ce sentiment d'immunité ne me fait pas "monter plus haut" aujourd'hui, il n'empêche que je suis à un bon niveau et ne ressens d'ailleurs pas le besoin de davantage me renforcer. Je suis comme un pavé de steak : à point !

Forever Vlad a écrit:Oui, tout à fait. Je ne vois pas pourquoi il faudrait choisir entre l'obscurité et l'ombre après tout. Car on y trouve des joyaux très différents mais beaux.
"Entre l'obscurité et l'ombre" ? Ne voulais-tu pas dire "entre l'obscurité et la lumière" ? Quelle que soit ta réponse, il y a de la Beauté et du positif en toute chose, quelle qu'elle soit !

Forever Vlad a écrit:Je veux dire que la musique de Paradise Lost est pleine de nuances, et donc qu'elle ne peut s'apprécier qu'en étant soi-même à la base quelqu'un de sensible aux nuances. Et notamment cette fine tristesse qui parcoure chacun de leurs opus.
Mmmmh, je ne sais pas si la musique de Paradise Lost est si nuancée sur certains opus ; je veux parler de Lost Paradise et Shades of God. Pour ce dernier, je peux me tromper car je ne le connais pas encore très bien, mais pour le premier, je n'y trouve aucune nuance et de mon point de vue, il n'y en a absolument aucune. Je n'y perçois d'ailleurs ni mélancolie, ni tristesse. En tout cas, pas dans les mélodies, ni le jeu des guitares...

Forever Vlad a écrit:Nous avons effectivement des goûts musicaux très distincts (je parle notamment pour Balavoine et Wham que je ne supporte pas).
Laughing Hormis pour Paradise Lost où je m'intéresse également aux membres du groupe, je n'ai que faire des artistes en général. Je me suis beaucoup intéressé à Daniel Balavoine dans les années quatre-vingt, mais jamais à Wham ! Cependant, aujourd'hui, seuls nos anglais de Halifax ont mon intérêt. Du reste, je ne me place pas dans une optique de supporter ou pas tel ou tel artiste, ni leur musique. C'est cette dernière qui m'interpelle -s'entend, qui vient vers moi-, et c'est la raison pour laquelle je fonctionne énormément au morceau individuel, et non à l'album, ni à l'artiste, sauf cas exceptionnels. C'est uniquement parce que dans la décennie quatre-vingt, mon père et mes sœurs écoutaient la radio et regardaient les chaînes dites musicales (TV6 en 1985, M6 à partir de 1986) que certains singles de ces années-là sont parvenus jusqu'à moi et que je les ai adoptés pour les aimer encore aujourd'hui. Néanmoins, n'étant plus dans cette démarche d'ouverture à la nouveauté, je ne risque plus d'avoir à supporter la musique d'aujourd'hui, tout du moins, celle dite "commerciale" et que tous les médias crachent à tout bout de champ !

Forever Vlad a écrit:Moi aussi je suis éclectique, mais pas dans les mêmes champs en fait. Car comme alternative au métal, je citerais le néo-classique (Elend!), le rock indépendant (Soundgarden, Alice in Chains...), le fado (ma très chère Amalia Rodrigues), les heavenly voices ou apparentés (Daemonia Nymphe, Louisa John-Krol, Ataraxia...), les ovnis musicaux (Eros Necropsique!) ou la pop/folk (Jewel Kilcher, Heather Nova, Anna Ternheim)...
Je ne connais pas le tiers de tous ces groupes... et le pire, c'est que, comme je le disais plus haut, je ne suis pas ouvert à la nouveauté autre que Paradise Lost que j'écoute au moins deux heures par jour, et le reste de la musique que j'écoute est aussi éclectique que les artistes et genres cités dans mon précédent message.

Forever Vlad a écrit:Oui, ce sont les musiques tristes qui sont les plus touchantes, car elles répondent d'une urgence chez le compositeur. L'art sombre et triste est une nécessité!
Tope là, mon ami !

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